Les majuscules : quelques règles de base

Encore une idée saugrenue ce petit billet, allez-vous me rétorquer ! Ben oui, les majuscules, c’est en début de phrase, et sur les noms propres. Point.

À nouveau, « c’est pas faux » (je vais finir par devoir payer des droits d’auteur à Alexandre Astier si je continue…).

Mais si je vous demande, où mettriez-vous la (ou les) majuscules à « ministère de l’éducation nationale » ?

Ah… Sur ministère ? Sur éducation ? Voire les deux ? Ou sur tous les mots ? Je vois effectivement souvent cette tendance à mettre des majuscules un peu partout, de toute évidence au hasard ou pour mettre en avant un mot en particulier. L’utilisation des majuscules en typographie est pourtant soumise à certaines règles, développées entre autres par l’Imprimerie nationale (et non pas l’Éducation nationale).

Pourquoi dis-je cela ?

Règles de base

Je vais aborder ici le premier point concernant ces majuscules : celles-ci doivent être accentuées ! Voilà pourquoi j’ai écrit « Éducation » et non pas « Education ». Pourtant, on m’avait appris à l’école à ne pas le faire, et je pense que vous êtes nombreu(ses)(x) dans ce cas. L’accent tient pourtant un rôle orthographique et aide bien sûr à la lecture. Son absence peut donc induire en erreur le lecteur.

Voici un petit tableau récapitulatif des raccourcis clavier vous permettant d’insérer rapidement une majuscule accentuée :

É

Ctrl+4, shift E (le 4 de la ligne supérieure du clavier et non celui du pavé)

È, À, Ù, etc.

Alt+ctrl+7, shift + lettre

Ê, Â, Î, etc.

Touche circonflexe, shift lettre

Ü, Ë, etc.

Shift + touche circonflexe, shift lettre

Ñ

Alt gr+2 puis shift N

 

Ceci étant posé, voyons à présent quelques règles d’utilisation de ces majuscules.

L’Imprimerie nationale recommande une certaine parcimonie dans leur emploi. Aussi, on évitera d’écrire « Ministère de l’Éducation Nationale », même s’il existe certains adeptes de cette posture, peut-être sous l’influence de la typographie anglo-saxonne où les majuscules sont plus largement utilisées, ou dans la crainte peut-être d’omettre les bonnes majuscules.

Les règles sont loin d’être simples en fait. Globalement, on peut considérer que, soit :

  • La majuscule se place sur le premier mot d’une expression, par exemple « Institut national de la recherche agronomique », « École nationale d’administration », ou « l’École normale supérieure ». Usage recommandé par l’Imprimerie national mais qui ne fait pas office de « norme ».
  • La majuscule se place sur le(s) terme(s) important(s) de l’expression, « L’Institut national de la Recherche agronomique ».

En règne générale, les adjectifs ne prendront jamais de majuscules, sauf dans certains cas, notamment s’il est placé avant le nom : ex Le Petit Chaperon rouge. Nous en verrons quelques autres.

Personnellement, je penche pour la première solution, parce qu’il s’agit d’une règle plus simple (définir ce qu’est le terme important d’une expression peut s’avérer sujet à caution). Détaillons à présent quelques catégories de noms propres, afin de préciser ma pensée.

Institutions

Seul un éventuel nom propre prendra la majuscule concernant les institutions qui ne sont pas uniques. Sinon, c’est le nom caractéristique de l’institution qui portera celle-ci. Ainsi :

  • La mairie de Rouen ;
  • Le conseil général de Seine-Maritime ;
  • L’université de Rouen ;
  • Le ministère de l’Intérieur (il y a plusieurs ministères, donc pas de majuscule, mais un seul de l’Intérieur)
  • Le musée du Louvre.

Pour les institutions dites « uniques », la majuscule sera mise sur le premier terme de l’expression, sauf si elle contient à son tour un nom propre. Ainsi (exemples) :

  • La Bibliothèque nationale de France (unique) mais la bibliothèque Jules-Verne (une bibliothèque parmi d’autres) ;
  • L’Académie française (unique), l’Assemblée nationale, le Conseil de l’Europe, etc.
  • La Sécurité sociale ;
  • Les Nations unies.

Noms géographiques

Là, c’est un peu plus complexe tant les cas sont divers entre les noms simples, composés, le rôle des éventuels adjectifs, etc.

Globalement, si le nom géographique est composé d’un nom commun puis d’un nom propre, seul ce dernier portera une majuscule. Ainsi (exemples) ;

  • Le col du Mont-Cenis, le mont Blanc (mais le massif du Mont-Blanc) ;
  • Les îles Baléares, Marianne, etc.
  • La mer Méditerranée, la mer Morte, la mer Rouge ;
  • L’océan Atlantique, Arctique (ou Glacial Arctique).
  • Le puy de Dôme (la montagne) mais le Puy-de-Dôme (le département), la haute Loire (zone géographique) mais la Haute-Loire (département) ;
  • Le crêt de la Neige ;
  • La gare de Lyon ;
  • Le bois de Boulogne ;

Bien sûr, il y a quelques exceptions comme le Bassin parisien par exemple.

Lorsque ce nom est accompagné d’un adjectif qui le précise, il ne prendra pas de majuscules. Ainsi (exemples) :

  • L’Amérique latine ;
  • L’Asie centrale ;
  • L’Afrique noire.

Mais si cet adjectif est nécessaire à sa bonne compréhension, celui-ci portera alors la majuscule, comme l’Asie Mineure, le fleuve Rouge, le golfe Persique, etc.

L’article précédent une commune, s’il appartient au nom, prend également la majuscule, comme Le Havre, Les Sables-d’Olonne, mais « la ville de Rouen ».

Lorsqu’il n’appartient pas au nom, il reste en bas de casse : la Guadeloupe, la Guyane, etc.

Dans le cas des noms composés, ils prennent tous deux la majuscule :

  • Le massif du Mont-Blanc (la chaîne de montagne) mais le mont Blanc (la montagne) ;
  • La Grande-Bretagne ;
  • Le Moyen-Orient ;
  • Les États-Unis.

Partis politiques et religions

À nouveau, il existe quelques subtilités. Ainsi, si le parti est appelé par sa dénomination officielle, il prend une majuscule au premier mot :

  • Le Parti communiste français ;
  • Le Parti républicain.

S’il s’agit d’une dénomination usuelle, le nom ne prend pas de majuscule :

  • Le parti communiste, les partis communistes européens ;
  • Le parti socialiste.

Leurs membres ne prennent aucune majuscule :

  • Les socialistes ;
  • Les républicains ;
  • Les démocrates.

Pour les religions, c’est beaucoup plus simple, vu que leur nom et leurs membres se composent en bas de casse :

  • L’islam, les musulmans ;
  • Les chrétiens ;
  • Le judaïsme (on distinguera « juif » c’est-à-dire de confession juive, et « Juif », membre du peuple juif) ;
  • Les bouddhistes.

La composition des sigles

Il existe deux manières de procéder. Globalement, la plupart des sigles d’institutions, d’organismes, de grandes entreprises, etc., se composent en majuscules, sans points séparateurs :

  • SNCF ;
  • EDF ;
  • PCF.

Mais si ce sigle est lisible, de prononciation simple, il peut être composé avec une majuscule en début de mot :

  • Inserm ;
  • Assedic ;
  • Unesco.

Voilà un petit tour d’horizon de l’usage des majuscules. Je n’ai pas évoqué la question des titres des œuvres, j’y reviendrai ultérieurement car c’est assez complexe.

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